Anne, c’est ma topine. Elle me prête plein de bouquins, dont des vachement bien souvient. Elle a super bien cerné mes goûts, mes attentes et mes envies. Le problème, c’est qu’elle me les présente avec des mots qui font peur « c’est punk, c’est trash, c’est futuriste, c’est politique, c’est des nouvelles« . Du coup, des fois, j’ai pas trop le courage de lire les romans qu’elle m’amène, je les garde dans ma PÀL et je me dis qu’elle va les oublier. Et à ce moment-là, je lui rends avec un grand sourire. Bon, généralement, je me fais gauler, elle me demande si je les ai lus (mais oui je vais le lire ton russe, mais j’arrive pas à retenir son nom alors je panique), si oui pourquoi j’en ai pas parlé sur le blog, tout ça tout ça, et du coup je les remets dans la PÀL. Pour l’Empire d’un homme, ça a été à peu près comme ça. Je ne me souviens plus trop, je crois qu’elle me l’a donné dans une pile avec les Morues, du Steam Punk et un truc bizarre. Du coup je l’ai planqué, je l’ai baptisé « lecture difficile » et je l’ai oublié. Puis je l’ai retrouvé. Puis je l’ai mis dans la pile « à rendre » et je l’ai ré-oublié.Et puis Fabienne m’en a parlé vite fait « un bouquin jaune, là, chez Asphalte, il paraît que c’est super bien » et je me suis dit « Anne + Fabienne = à ne peut-être pas rater finalement. » Et tu sais quoi ? J’avais carrément raison (ou ce sont elles qui avaient raison. Mais je préfère dire que c’est moi.)
L’Empire d’un homme est un roman excellent. Une troupe de villageois partent dans la montagne à la recherche d’une bête sauvage, mi loup mi-lion et re-mi-loup par dessus et tombent sur un homme sauvage, un homme qui s’est enfui de son village pour échapper à la honte. Mais entre temps, deux villageois ont été condamnés pour son meurtre et viennent tout juste d’être relâchés de prison après plus de quinze ans derrière les barreaux.
C’est le mécanisme de cette erreur judiciaire, de cette haine entre les hommes des deux villages, attisée par les riches propriétaires et les politiciens, entérinée par une police brutale et par une justice aux ordres qui est décrit ici. C’est absolument superbe, c’est prenant et on ne peut plus le lâcher. De la prison à la montagne, de la liberté à sa privation, les émotions sont présentes mais contenues et le discours politique est fort. C’est en plus tiré d’une histoire vraie, ce qui ferait frissonner n’importe qui. C’est un très bon roman, que je vais racheter pour le garder soigneusement et le faire lire autour de moi. Et peut-être aussi que sa contemplation m’encouragera à lire les trucs bizarres que m’amène Anne.






[...] avec un autre court roman, de Ramon Sender celui-ci. J’avais parlé il y a peu de l’Empire d’un homme, roman splendide du même auteur, et je me suis coulée de nouveau dans son écriture avec un [...]