Catégorie: Littérature suédoise

Kolka – B. Ohlsson

Kolka – B. OhlssonKolka. Kolka, Kolka, Kolka. Une lecture bien bizarre. Une de ces lectures qu’on aime et qu’on aime pas à la fois. Ça fait un bout de temps qu’il est dans la PÀL, celui-ci, pour la simple et mauvaise raison que le titre ne me disait rien et qu’en plus cette histoire d’adolescente, franchement… Je ne suis pas fana des histoires d’adolescentes, d’abord parce que je n’ai pas forcément d’excellents souvenirs de ma propre adolescence (quel est le crétin absolu qui a dit que c’était la plus belle période de la vie ?) et qu’en plus ce côté excessif qu’ont les adolescents a tendance à me porter sur les nerfs très rapidement. Genre au bout de trois pages. Du coup, voilà, je n’avais pas très envie de le lire, j’avais même plus ou moins prévu qu’il fasse partie d’un dégazage de PÀL comme il en arrive parfois. Le dégazage de PÀL, c’est comme le « juste les pointes » chez le coiffeur. C’est nécessaire à la croissance raisonnée et en bonne santé de la bibliothèque. De temps à autres, je me mets devant la PÀL et je la regarde dans les yeux. Toi, oui, toi, là, est-ce que je vais VRAIMENT te lire? Est-ce que tu vas rester échoué là comme une baleine pendant les cinq prochaines années ? Et du coup je vire quelques bouquins, généralement de vieux services de presse qui traînent là, misérablement, sans aucune envie de lecture.

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La Faille souterraine et autres enquêtes – H. Mankell

La Faille souterraine et autres enquêtes – H. Mankell Du polar genre du vrai polar ? Avec des gens qui meurent, du sang et des larmes ? Eh ben oui, moi qui n’en lis jamais j’ai décidé de tester Mankell et comme je suis pas partisane de l’ordre, j’ai décidé de les lire dans le désordre. Ou dans l’ordre, mais chronologique, pas de parution. Bref. Tout ça pour dire que je commence Mankell par les premières enquêtes de Wallander et que ça me plaît bien. J’ai les trois tomes de l’intégrale à suivre, va falloir que j’évite de tout lire d’un coup.

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Cyanure – C. Läckberg

Cyanure – C. LäckbergTiens, un p’tit Camilla Läckberg qui est apparu comme ça au hasard d’un carton… Un polar de Noël, tout court et tout neigeux… Je me suis dit pourquoi pas. Première surprise, donc, le roman est très court : cent soixante pages, moitié moins que l’Enfant Allemand. Deuxième surprise, pas le moindre début du bout du nez d’Erika Falck. Elle doit être en train de pouponner, et du coup c’est Martin qui se colle à l’enquête un peu particulière de Cyanure. Un peu, voire très particulière donc : un bon vieux huis-clos dans un gite bloqué par la neige, sur une île en face de Fjällbacka. Une famille dont les membres se détestent, rassemblée autour d’un grand-père méprisé mais richissime. Que fait Martin là dedans me direz-vous ? Eh bien, il sort depuis quelques mois avec l’une des jeunes femmes de la famille.

 

La première constatation, c’est qu’en cent soixante pages Läckberg s’amuse moins, et nous amuse moins par ricochet. Le roman est un peu plat, malgré quelques inventions sympathiques, et on a plus l’impression de lire une tranche de vie de Martin qu’une vraie enquête policière : tout se résout sur des coups de chance sans aucun processus déductif et on ne vibre pas vraiment à l’unisson avec l’enquêteur. Tout va trop vite, réellement, et je me demande ce qui est passé par la tête de l’auteure pour ne pas terminer correctement ce roman. C’est une super ébauche de quelque chose qui pourrait être vraiment intéressant… sur quatre cent pages. Les personnages ne sont qu’évoqués alors que les différentes personnalités pourraient être passionnantes, l’enquête est bâclée, la solution très vite expédiée … Quel dommage !

 

On prend toutefois du plaisir à la lecture, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est un p’tit polar sympa pour un matin brumeux, mais il ne casse pas trois pattes à un canard.

Gentlemen – K. Östergren

Gentlemen - K. ÖstergrenC’est étrange comme certains romans se répondent. Dans Gentlemen, j’ai retrouvé des éléments de la Fille américaine, tout particulièrement ces scènes d’enfance sur les îles nordiques où les enfants sont plus ou moins livrés à eux-même et peuvent développer le pire comme le meilleur dans leur comportement. Et au final je me suis heurtée à deux types d’écriture similaires, froides, factuelles et je me suis ennuyée de la même manière dans les deux romans.

Gentlemen a cependant des moments de rythme pendant lesquels je rentrais dans la narration avec plaisir, mais je finissais toujours par en ressortir quelques pages plus tard, avec sur la langue le goût indéfinissable d’un roman qui aurait pu me plaire mais qui finalement m’a ennuyée, et que je n’ai pas réussi à terminer. Il est difficile d’expliquer pourquoi, à un moment, on lâche un roman. Généralement j’essaye longtemps avant de craquer, là j’ai passé 4 jours sur les 200 premières pages et, dans mon bain, j’ai fini par dire stop. C’est un ensemble de données, l’ennui, le fait de ne pas s’attacher aux personnages (de ne même pas retenir leur nom dans  le cas présent!) le désintérêt total pour la suite de l’histoire …  Dommage !

Le mec de la tombe d’à côté – K. Mazetti

Celui-là, il traînait dans mon esprit depuis qu’une charmante libraire marseillaise me l’avait mis dans les mains, limite de force. Je ne l’avais pas pris cette fois-là parce que, le temps que je me décide, quelqu’un avait acheté le dernier exemplaire, mais je m’étais dit OK je le lirai un jour. Le titre est assez déglingué pour être attirant, la couverture un peu gnangnan mais Babel n’a jamais été un éditeur avec de super couv’ … Bref, à chaque fois que je le vois en librairie, je me dis « ah tiens je devrais le prendre » et je ne le prends pas. Un peu comme pour La Délicatesse. Ça aurait du me mettre la puce à l’oreille, mais je suis une grande naïve. Et à grandes naïves, grandes déceptions !

Alors, je vous mets rapidement dans le bain : Désirée est bibliothécaire, elle est veuve, elle rencontre l’homme qui s’occupe de la tombe à côté de celle de son mari au cimetière, c’est le grand amour ils baisent comme des lapins. Mais l’homme est un agriculteur inculte qui préfère ses vaches aux livres alors qu’il était bon à l’école, il est crade et ses amis sont des débiles bêtes et méchants (et misogynes), tandis que la bibliothécaire est une fille de la ville intelligente, instruite et délicate, qui aime l’art, qui a fait de longues études et quine sait ni cuisiner, ni faire pousser une tomate.

Déjà, rien qu’à ce niveau du billet, vous avez compris je pense mon problème avec ce roman. Un cliché rencontre un cliché, ils feront de nombreux petits bébés ensemble. MAIS NON ! Parce que dans ce roman, les clichés sont tellement forts que les deux amants ne pourront pas les surmonter. Ils se sépareront, parce qu’elle ne peut pas vivre dans la bouse de vache et qu’il fait un complexe d’infériorité par rapport à la grande culture qu’elle déballe en permanence.

Ah mon Dieu ! J’aurais eu les personnages en face de moi, surtout la p’tite grognasse intolérante, je les aurais baffés. On passe de discours rétrograde et conservateur en tirade sexiste, les personnages sont des archétypes de bêtise crasse et de méchanceté et c’est même pas fait exprès ! On n’est pas dans un brûlot, dans un essai sur comment rapprocher les gens, on est juste dans un roman qui nous explique que qui se ressemble s’assemble, que pour vivre à la campagne il faut être une femme au foyer avec de gros seins qui fait à manger pour son homme et que pour vivre à la ville il faut péter plus haut que son c.. aimer l’art contemporain et pas la nature. Celui-là, c’est clair, il repart de la maison direct !

Le faux-ami – H. B. Nilsson

Le faux-ami - H. B. NilssonDans les rentrées littéraires, certains ouvrages passent inaperçus. 690 titres pour le mois de septembre, c’est sûr que ça ne pousse pas au travail de détail. On met les têtes d’affiche en pile (Nothomb, Dugain, Adam, Echenoz, Oksanen…) et on laisse les plus petits de côté. Le lecteur exigeant sortira bien entendu des sentiers battus, sinon il ne serait pas exigeant. Mais à côté des quelques perles, il va devoir subir de bons gros ratés. Eh oui, parfois, si personne ne parle d’un livre, il y a des raisons ! Non pas que le roman soit mauvais (là, nos amis les critiques se font un plaisir de le descendre), mais parfois il est simplement raté. Ou mal fini. Ou un peu mal fichu. Bref, pas la perle qu’on cherchait. C’est un peu le souci auquel je suis confrontée avec ce très confidentiel Faux-Ami dont je ne sais pas si je l’ai détesté, ou si c’est simplement mon ennui profond à la lecture qui brouille mon jugement.

Ca partait plutôt bien. Un correcteur parle de son travail sur un manuscrit, mes petites antennes vibrent de joie : j’aime les romans qui se passent dans le monde du livre, déformation professionnelle. Mais dès le début on me transporte dans une histoire d’élection de pape en 1903 : qu’est ce qui se passe ? Ils ont relié de mauvais cahiers dans la jaquette ? Mais non, l’ensemble du roman se poursuit avec des interruptions ecclésiastiques (dont on comprend au bout d’un moment qu’elles sont des extraits du roman en cours de correction) qui saucissonnent la lecture de façon fort désagréable, tombant généralement comme un cheveu sur la soupe. Cependant, le souci principal est que ces encarts sont plus intéressants que le reste du récit, qui tourne inlassablement autour des états d’âme de ce vieil homme trop prudent et de ses problèmes gastriques. Il ne se passe pas grand chose, et le peu qui se passe est gâché par douze pages de considérations sur les pruneaux. Entendons-nous : les pruneaux, c’est bon, mais c’est chiant et c’est connu pour ça.

Au final on se retrouve avec un roman de 560 pages qui pourrait (devrait?) n’en faire que 300, qu’on a du mal à finir, qu’on lâche à toute occasion mais, et c’est ça le pire, avec une mauvaise conscience effroyable ! Parce que ça a beau être ennuyeux, l’écriture est belle, la langue aussi, les phrases sont bien équilibrées et il y a des trouvailles superbes… Alors on le finit, sans surprise puisque cette fin est annoncée depuis au moins 100 pages, et on passe vite à autre chose de plus rythmé. Mais cette ambivalence reste : aimé, pas aimé ? Réussi, raté ? Prometteur en tout cas, car c’est un premier roman, il faudra suivre les prochaines parutions !