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La Vérité sur l’affaire Harry Quebert – J. Dicker

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert – J. DickerJe ne comprends pas. Une fois de plus, tout le monde a adoré un roman et moi ben… je n’ai pas détesté, n’exagérons pas, mais enfin, je me suis ennuyée. Profondément. Autour de moi, de bonnes âmes tentent de défendre une construction novatrice ou une fin surprenante, mais forcément j’ai trouvé la majorité des éléments de la fin vers la moitié du bouquin (parce que je suis tordue, certainement. Ou que certaines choses m’ont rappelé des souvenirs) et je n’ai pas trouvé la construction novatrice, j’ai même plutôt eu souvent l’impression de lire du Agatha Christie. La seule chose qui m’a persuadée que ce n’était pas Marcus l’assassin, c’est qu’il n’était pas né au moment du crime!

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Smilla et l’amour de la neige – P. Høeg

Smilla et l’amour de la neige – P. HøegAprès Les Enfants des cornacs, j’avais envie de rester dans l’écriture de Høeg, si particulière et si… rafraîchissante, sans mauvais jeu de mots. Ou avec mauvais jeu de mots. Allez savoir. En tout cas, je me suis replongée dans Smilla et l’amour de la neige que j’avais lu il y a de nombreuses années et dont j’avais gardé un souvenir ému. Et, pour tout dire, c’est une grande victoire. Je n’ai pas abîmé mon souvenir et j’ai de nouveau adoré ce polar des grands froids, malgré ses aspects un peu figés et sa langue peu chantante (mais je me demande du coup, au vu de la différence avec les Enfants, si ça ne vient pas de la traduction. Un jour, je lirai le danois dans le texte pour trancher ce dilemme. Bref, Smilla, Esajas, le mécanicien, la société danoise de cryolithe… J’adore ce texte parce qu’il m’emmène loin, loin, dans une enquête à laquelle j’arrive à comprendre quelque chose et qui ne sort pas de lapin du chapeau ou d’informations que je ne pouvais simplement pas connaître. Je suis Smilla pas à pas, dans la neige et dans le froid et, franchement, j’adore ça.

 

Bien moins décalé que les Enfants, Smilla et l’amour de la neige est un excellent polar, calme au début pour devenir de plus en plus haletant. Si vous n’êtes pas trop pris par l’actualité littéraire, accordez-vous un petit retour en arrière sur ce roman paru en 1995 (mais c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures) et qui est plein de charme, de personnages attachants et de froidure hivernale.

Cyanure – C. Läckberg

Cyanure – C. LäckbergTiens, un p’tit Camilla Läckberg qui est apparu comme ça au hasard d’un carton… Un polar de Noël, tout court et tout neigeux… Je me suis dit pourquoi pas. Première surprise, donc, le roman est très court : cent soixante pages, moitié moins que l’Enfant Allemand. Deuxième surprise, pas le moindre début du bout du nez d’Erika Falck. Elle doit être en train de pouponner, et du coup c’est Martin qui se colle à l’enquête un peu particulière de Cyanure. Un peu, voire très particulière donc : un bon vieux huis-clos dans un gite bloqué par la neige, sur une île en face de Fjällbacka. Une famille dont les membres se détestent, rassemblée autour d’un grand-père méprisé mais richissime. Que fait Martin là dedans me direz-vous ? Eh bien, il sort depuis quelques mois avec l’une des jeunes femmes de la famille.

 

La première constatation, c’est qu’en cent soixante pages Läckberg s’amuse moins, et nous amuse moins par ricochet. Le roman est un peu plat, malgré quelques inventions sympathiques, et on a plus l’impression de lire une tranche de vie de Martin qu’une vraie enquête policière : tout se résout sur des coups de chance sans aucun processus déductif et on ne vibre pas vraiment à l’unisson avec l’enquêteur. Tout va trop vite, réellement, et je me demande ce qui est passé par la tête de l’auteure pour ne pas terminer correctement ce roman. C’est une super ébauche de quelque chose qui pourrait être vraiment intéressant… sur quatre cent pages. Les personnages ne sont qu’évoqués alors que les différentes personnalités pourraient être passionnantes, l’enquête est bâclée, la solution très vite expédiée … Quel dommage !

 

On prend toutefois du plaisir à la lecture, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est un p’tit polar sympa pour un matin brumeux, mais il ne casse pas trois pattes à un canard.

Cherokee – J. Echenoz

Cherokee - J. EchenozEchenoz et moi, c’est une histoire d’amour qui débute un matin dans un avion. La veille, j’avais mis dans mon sac son Jérôme Lindon, je n’avais jamais rien lu de lui. Je fais la majorité de mon trajet dans les bras de Morphée, comme d’hab, et au moment de la distribution de croissants j’entrouvre un œil et mon livre. Ce jour-là j’avais rendez-vous à la centrale d’achat d’une chaîne de magasins culturels, et ils ont eu dans leur salle d’attente une intervenante en larmes. Il a fallu que je fasse un tour par la cigarette et après les toilettes pour effacer mes gros yeux rouges, j’ai rarement autant pleuré à la lecture d’un livre. Ce n’est pas un roman, c’est une lettre d’amour, c’est un bijou, c’est une merveille de l’histoire de l’édition française, et aussi bien sûr de la littérature française. Du coup je me suis mise à acheter tout les romans d’Echenoz. C’est pas désagréable, tout est chez Minuit, ça fait clâsse … Et je les ai alignés dans ma PAL. Et je les lis petit à petit. Je n’ai pas réellement retrouvé l’émotion du premier, mais j’ai adoré Les Grandes Blondes, beaucoup aimé Je m’en vais et Des Eclairs.

Cherokee ne restera pas dans mes préférés. C’est un peu trop polar, un peu trop roman noir, un peu trop Blier-Gabin pour moi, une ambiance que j’aime cinq minutes mais pas deux jours, je n’ai pas réussi à me concentrer dessus. Il ne manquait pas les dialogues d’Audiard, la langue d’Echenoz reste miraculeuse, mais une espèce d’alchimie ne s’est pas faite. Je vais le faire lire à mon cher et tendre, par contre, lui qui adore ces ambiances pleines de brouillard, qui regarde en boucle « La Cité de l’indicible peur » de Mocky (non-amateurs d’absurde, s’abstenir). C’est une histoire un peu embrouillée autour d’un mec dont on pense au début qu’il est innocent comme l’agneau qui vient de naître, et dont au fur et à mesure de ses aventures on s’aperçoit qu’il a des accointances dans un milieu qu’on n’imaginerait pas. Il pourchasse une femme entr’aperçue dans la rue, entre au service d’une agence de détectives, retrouve un volatile égaré et se retrouve offert en sacrifice aux zélateurs acharnés d’une secte bizarroïde. On imagine assez un grand escogriffe, un Pierre Richard en plus machiavélique. Ventura en cousin, certainement, Blier en flic comme d’hab mais pas de rôle pour Gabin !

En quat’de couv’ il y a un courrier de Manchette qui dit que ce roman devrait être illisible mais qu’il l’a adoré, c’est sûr que c’est une consécration mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus punchy je pense. Là ça reste lent et assez abscons par moments. Bon, tout ça pour dire que voilà, je n’adore pas tout d’Echenoz, peut-être est-ce un signe de santé mentale…