Je trouve le principe de l’opération rentrée littéraire Libfly/Le Furet du Nord géniale. On m’a demandé si je voulais participer, j’ai dit oui et on m’a envoyé des livres. JAMAIS on ne m’a demandé de choisir dans une liste. J’adore ça. Au lieu de me retrancher sur des auteurs dont je savais ce qu’ils allaient me raconter, j’ai découvert des romans dont je n’avais aucune idée. Sansal, c’est bien et mal tombé à la fois, j’adore son travail mais niveau découverte c’était raté. Guibourgé, je n’avais jamais entendu parler de lui. Quand j’ai reçu les bonnes feuilles dans ma boîte aux lettres, l’excitation a monté d’un cran. Stock, gage de sérieux. Un auteur inconnu. J’ai eu un frisson de plaisir, augmenté par le fait que non seulement je ne connaissais donc pas cet auteur, mais en plus il n’y avait ni quatrième de couverture, ni dossier de presse pour m’indiquer dans quoi je me lançais. Un titre, seulement, Le Nom de son père, le nom de l’auteur écrit à la main sur le dos du livre et vogue la galère. J’ai pu commencer ce roman totalement vierge de tout à-priori.
Finalement, la rencontre n’a pas été aussi géniale que ce que j’espérais. J’ai été réellement touchée par les parties racontées par le père, mais d’amour des deux héros ne m’a pas vraiment emballée. Je pense que ça a à voir avec l’écriture, peut-être un peu trop froide pour moi, ou alors avec cette passion dévorante de la montagne qui parcourt tout le roman et qui me passe loin au-dessus… Je ne sais pas, l’alchimie ne s’est pas faite, je ne me suis pas impliquée dans cette histoire et par moments je décrochais complètement. Pourtant, si je suis objective, c’est un roman qui aurait du me plaire. Ce thème du déracinement (ça existe, ce mot?), ce couple improbable, cette disparition … Mais en même temps, j’ai trouvé que ça restait plat au niveau des émotions. Je n’ai pas eu la sensation de rentrer dans la tête des personnages ni de ressentir quoi que ce soit autour de leur histoire d’amour. Le père oui, le père il y a des tripes. Les amants, je les ai trouvés un peu transparents.
Peut-être est-ce moi qui, à force de lire des romans dans lesquels les héros hurlent à la face du monde, me suis déshabituée de l’intimité du roman français. Mais les non-dits trop nombreux ont eu raison de mon intérêt et j’ai eu par moments la tentation de ne lire que les interventions du père. Cela dit je suis contente de ne pas l’avoir fait, je n’ai pas détesté ce roman, ce n’est même pas que je n’ai pas aimé, mais il m’a laissée assez indifférente finalement …
Je tiens à remercier Stock, le Furet du Nord et Libfly pour m’avoir envoyé ce roman si longtemps avant sa parution.

j’ai reçu le même et ne me voilà plus vierge d’a priori à propos de ce part’. Ce m’excitait et me faisait assez peur en même temps, surtout que le titre fait très intimiste, et qu’en France, l’intimisme tombe vite dans le nombrilisme.
si tu veux lire un roman d’un auteur français qui « hurle à la face du monde », je te conseille Maylis de Kerangal, elle se situe bien loin de l’intimisme et produit des romans d’une force phénoménale aux personnages multiples, différents, reliées et en même temps étrangers les uns aux autres. et son écriture ne te laissera pas froide : sa complexité contient une force à la fois brute et travaillée qui ne laisse pas indifférent. c’est un véritable appel aux sens, à la réflexion et, derrière, aux sentiments.
oui déracinement existe
ah ben faudra que je mette déracination alors
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