El Gabo se fue

El Gabo se fue.
L’ahurissement le plus total.
El Gabo ne pouvait pas s’en aller, il était immortel. Et on peut dire qu’il restera dans le cœur de ses lecteurs, que chaque personne qui lira « Cent ans de solitude » ou « L’Amour aux temps du choléra » le fera revivre, n’empêche qu’il s’est barré et nous a laissés tous seuls. On comptait sur lui pour être président du monde, sauveur de l’humanité, on comptait sur lui pour être une belle voix qui s’élèverait pour défendre les sans-voix, on comptait sur lui pour écrire deux ou trois romans qui bouleverseraient notre monde comme l’ont fait les autres, comme il y a eu dans notre vie à tous un avant et un après Cent ans de solitude, et il nous plante là.
Comment peut-on autoriser El Gabo à mourir ?
Il avait besoin de repos ? Mais c’est nous qui avions besoin de nous reposer sur la certitude qu’il était là. Nous qui avions besoin de savoir que quelque part dans cette pourriture un Garcia Marquez respirait. Que les mille et un maux (j’avais écrit mots) de l’humanité sont utiles pour le chauffer, le laver, l’éclairer, lui fournir le papier, le crayon, les vêtements… Parce que sans ça putain ça sert à quoi ?
Je ne vais pas relire ses livres, je suis trop en colère. Je me sens abandonnée. Je n’avais jamais imaginé vivre dans un monde sans Gabriel Garcia Marquez.

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J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood – L. Bénégui

J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood – L. BénéguiIl y a certains romans auxquels on ne donne pas leur chance. Pourquoi ? Je ne sais pas bien. Toujours est-il que je n’étais pas partie pour donner sa chance à J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood, la première raison étant probablement, il faut l’avouer, le fait que l’auteur est français et que je lis très américain en ce moment. Et puis bon il m’est tombé entre les mains, j’ai commencé à le lire en me disant à chaque phrase « oh il essaye de faire américain, oh je vais pas aimer, oh laisse tomber j’aimerais pas » mais il faut croire que je n’ai strictement aucune autorité sur mon cerveau, parce qu’en fait je restais accrochée et je continuais à lire, malgré mes grognonnages internes.

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L’Ancêtre – J. J. Saer

L’Ancêtre – J. J. SaerCette année, au Salon du Livre, le pays invité est l’Argentine. Ça tombe bien j’ai reçu via une Masse Critique de Babelio ce roman du Tripode (que j’aurais acheté. Opération ratée, Fred, désolée, du CA de raté) qui est resté dans ma PÀL approximativement trente deux secondes et demi. J’aimais la couv, j’aimais l’auteur, j’aimais l’éditeur, je n’allais pas attendre plus longtemps pour me plonger dans cette histoire qui… Oui, d’ailleurs, ça raconte quoi, parce que bon, une fois de plus, je n’ai pas regardé à l’avance … Alors, euh… Bon, bon, je suis pas certaine que ça va me plaire cette affaire. Non parce que franchement, ça a l’air vachement intelligent, non ? Et moi, bon, ben, moi, je suis blonde hein.

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Des hommes en devenir – B. Machart

Des hommes en devenir - B. MachartHeureusement, heureusement qu’il fait beau. Heureusement, heureusement que le retour du soleil provoque un haut-les-cœurs général. Pas un haut-le-cœur, haut-les-cœurs. Parce que sinon je n’aurais jamais été capable de lire ce recueil de nouvelles. Et j’y aurais probablement beaucoup perdu, parce qu’elles sont toutes superbes. Mais dures. Extrêmement dures. Pas une seule de gentille, de douce, de complaisante. Toutes, elles parlent de gens abîmés, détruits. D’enfants qui meurent, de parents qui sont en fuite, de couples détruits. Des hommes en devenir, vraiment ? Mais il me semble que le devenir de tous ces hommes, là, est déjà oblitéré. Un aller simple, merci, au revoir. Non, non, on ne prolongera pas le voyage.

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Le coeur à bout de souffle – S. Bellow

Le coeur à bout de souffle - S. BellowVous connaissez tous ma mauvaise habitude de lire tout d’un auteur lorsque j’en ai aimé un livre. Mais vous ne connaissez pas ma mauvaise habitude de lire tout un auteur parce que c’est chic de tout lire. Par exemple, il y a le cas Philippe Roth. Roth. Je sais pas comment ça se prononce. Bref. Nana adore Philippe Roth. Elle l’adore vraiment. À tel point que, lorsqu’elle l’a rencontré à la sortie des cuisines d’un hôtel new-yorkais (oui, c’est authentique) la seule chose qu’elle a trouvé à lui dire, c’est « I’m French and I love you ». Nana, c’est la femme de mon père, des fois, elle dit ce genre de choses. Du coup autant vous dire que j’étais prédisposée à aimer Philippe Roth. Du coup, j’ai regardé un reportage sur lui, avec un carnet de notes à la main pour noter tous les auteurs dont il dirait qu’ils étaient une inspiration pour lui. J’en ai noté pas mal dont Saul Bellow. Du coup j’ai lu du Bellow (je vous rappelle qu’à ce stade je n’avais pas encore lu de romans de Philippe Roth. Et que quand je l’ai fait, bon, je n’ai pas été fan)

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Le Théorème du homard – G. Simsion

Le Théorème du homard – G. SimsionMince, zut, flûte. J’étais persuadée d’avoir déjà écrit ce billet. Je me suis dit, la pause, tranquilou, mes billets de partenariats sont déjà écrits et programmés, je peux me recroqueviller sur mes orteils je n’ai plus besoin d’écrire. Raté. Le jour de la publication du Homard, hop, article vide. La loose. Mais j’étais tellement certaine de l’avoir écrit immédiatement, dans l’euphorie de la dernière page … Bref. Bon. J’ai ri. Dieu que j’ai ri. En fait, le héros du Homard, c’est un espèce de Sheldon Cooper pour ceux qui connaissent Big Bang Theory. Mais en moins irritant peut-être. Quoique. Bref, en tout cas, un mec capable de faire une conférence sur le syndrome d’Asperger sans réaliser qu’il colle à la majorité des symptômes. Et ce mec, donc, va se mettre à la recherche de la femme de sa vie. De manière très ordonnée et scientifique.

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Journal de la guerre au cochon – A. Bioy Casarès

Journal de la guerre au cochon – A. Bioy CasarèsOn met longtemps à comprendre de quoi il retourne. En tout cas, moi, j’ai mis longtemps. Du coup est-ce que je dois vous le dire ? Ce n’est pas un roman récent et pourtant il  parle de demain, de comment on détruit la société en en montant les membres les uns contre les autres. En attaquant les plus faibles, en glorifiant les plus forts (mais les faibles d’aujourd’hui ne sont-ils pas les forts d’hier ? ). Les bleus contre les verts, les jeunes contre les vieux, les religieux contre les athées, les tous seuls contre les nombreux, tout le monde se met à se détester et cela ne semble être profitable à personne mais en fait … Bref, Bioy Casarès est malheureusement visionnaire, et pas uniquement envers l’Argentine, il parle de nous tous et donc probablement aussi de l’Europe du XXIème siècle.

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L’Aventure des mots français venus d’ailleurs – H. Walter

L’Aventure des mots français venus d’ailleurs – H. WalterQuoi de plus passionnant que l’histoire de la langue ? Et quoi de plus important pour comprendre la langue d’aujourd’hui que d’observer la manière dont elle s’est construite, faite d’emprunts aux autres, de prêts, d’acceptation des voisins et de leurs cultures parfois différentes ? Si on s’en tient à l’aspect purement technique, cet essai d’Henriette Walter est passionnant. Il explique clairement les processus d’appropriation et, tout en restant accessible, rentre dans les détails.

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Le Village évanoui – B. Quiriny

Le Village évanoui – B. QuirinyHier, alors qu’une panne d’Internet paralysait la totalité de mes neurones, j’ai commencé à écrire un billet sur le dernier Quiriny sur une jolie feuille de papier. J’ai écrit, écrit, écrit, ça s’est transformé en plaidoyer pour je ne sais quoi, comme d’habitude ça ne parlait pas du livre et, arrivée au moment de recopier, j’ai eu la flemme. Parce que j’écris tout petit, tout serré, parce que c’était plus personnel que d’habitude, parce que de toutes façons je n’arrive pas à écrire en ce moment et que je songe à arrêter le blog qui est une contrainte qui commence à me peser et que vous devez le sentir puisque vous êtes de moins en moins nombreux à venir par ici … Ça ne semble pas avoir de rapport, mais l’idée de faire un effort pour le blog me fatigue en ce moment alors qu’avant, c’était un plaisir. Je fais beaucoup d’efforts dans beaucoup de domaines en ce moment, je ne sais pas si cet effort-là va rester.

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La Recette magique de tante Palma – F. Azevedo

La Recette magique de tante Palma – F. AzevedoJ’ai mis très longtemps à me décider à écrire ce billet, parce que j’ai envie de rendre justice à ce roman que j’ai énormément aimé et que d’un autre côté je ne trouvais comme d’habitude pas d’arguments puisque mon cerveau ressemble en ce moment à une bouillie – un steak haché – une éponge moisie (rayez la mention inutile, moi je ne sais pas laquelle c’est). Par exemple, je viens de m’y reprendre à cinq (5!!) fois pour réussir à mettre un point à la fin de ma phrase, c’est vrai qu’il y a ÉNORMÉMENT de touches sur lesquelles je peux appuyer à la place du point. S’il y a des fautes d’orthographe dans ce billet, ce n’est pas moi, c’est mon cerveau (ou la vodka d’hier soir…).

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