Voici un roman dont je me réjouis de ne pas avoir vu la couverture : franchement, je ne l’aurais jamais acheté. Et ça aurait été dommage, parce que franchement c’est une de mes meilleures lectures de ces derniers temps. A première vue, rien que de très classique : un père de famille fauché, une femme et des enfants pas au courant, tout ça sous le soleil de la Californie. Mais plus on avance dans le roman, plus on tombe dans la dérision et l’exagération. A chaque page, j’étais bouche ouverte « nooooooon ». Et souvent morte de rire, aussi. Parce qu’il faut le dire, avec une histoire fondamentalement horrible (mais je ne peux pas vous en dire plus) Puchner fait un roman léger, sympathique, drôle… Un grand roman américain. J’ai pensé à Oates, à Erdrich, dans le déroulé de cette histoire remplie de « et si… » pour laquelle le destin joue un si grand rôle. Le roman ne s’arrête jamais, dans une montée en puissance impressionnante qui laisse le lecteur, pantelant mais heureux, au bout d’une route qu’on apprécie énormément d’avoir faite avec les personnages.
Cette Famille Modèle, Puchner nous la décrit légèrement dysfonctionnelle, avec un fils aîné grand beau et surfeur, une fille cadette gothique et un benjamin qui semble plus ou moins souffrir du syndrome d’Asperger. L’épouse laisse finalement assez peu de souvenirs malgré son côté hautement farfelu, par rapport à l’époux qui semble provoquer la ruine de la famille. Mais est-ce bien vrai ? L’interrogation de Puchner semble à première vue basée sur la théorie du chaos (la décision de partir du Wisconsin va provoquer une débâcle sans nom, chaque décision du père sera suivie d’une catastrophe) mais je trouve que la véritable question est de savoir si cette famille ne contient pas en elle-même les ferments de sa chute. Puchner attaque dans ce roman les fondements de l’American Way of Life, il en ressort un texte férocement drôle mais également emprunt d’une tendresse réelle envers ses héros, ces hommes et ces femmes qui y croient encore.
Ma bonne surprise de la rentrée !!
Je tiens à remercier Albin Michel, le Furet du Nord, Anne-Marie et Libfly pour m’avoir envoyé ce roman si longtemps avant sa parution.


Je suis d’accord avec toi, un vrai coup de coeur
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Tu n’es pas la première à avoir aimé ce roman. il est donc noté !
C’est clair que vu la couverture moi non plus je ne l’aurais pas ouvert …
Voici le premier roman mis en avant uniquement par les blogueuses et pas par la presse. Je le note.
Il y a un petit papier sympa dans le Monde des Livres de cette semaine