Je lis rarement des romans des éditions Calmann-Lévy. Ne me demandez pas pourquoi, il se trouve juste que c’est comme ça, ils m’attirent peu. J’ai probablement tort mais vous savez comme c’est, je suis d’une mauvaise foi à couper au couteau et même si j’admets publiquement mes torts (enfin, si on peut dire qu’admettre quoi que ce soit sur ce blog soit « public ») je ne redresserai pas ma conduite, à moins de tomber sur beaucoup de petites perles chez un éditeur. La Femme du Tigre a débarqué à la maison par pur hasard, amené par ma super-sister qui sait me faire plaisir (sauf quand elle me conseille Alice Kahn, mais bon, il ne faut pas être rancunier) et je l’ai un peu regardé comme un OVNI. La quatrième de couverture n’était pas déplaisante mais la couv’, mon Dieu, la couv’ ! Mes yeux fondent !! Tant de couleurs, tant de traits dans tous les sens … je suis pour la sobriété, je l’avoue, ça m’a fait un choc… Mais bon, j’ai vite terminé mon Indésirable et j’ai mis mon petit nez mutin dans les pages de Téa Obreht.
Déjà, premier quiproquo, je pense attaquer un roman des Balkans et je tombe sur « traduit de l’anglais (États-Unis) ». Un ricanement plus tard (niark niark niark Marion) je commence à me poser des questions sur ce que je vais lire : roman américain, roman d’Europe de l’Est, mélange des deux ? Je ne me suis pas posé la question très longtemps, cela dit. Je ne me suis pas posé beaucoup de questions très longtemps, j’ai été embarquée par ce roman qui m’a prise à bras le corps et ne m’a laissée relever la tête qu’après l’avoir terminé. Impossible de le lâcher. Pas de suspense, pas de fin haletante mais un ensemble d’histoires entrelacées qui m’ont toutes passionnée et donné envie d’aller plus loin. Elle pourrait commencer là une saga, Téa Obreht, un roman sur la vie de chaque personnage, je lui promets elle aurait au moins une acheteuse en France !
Donc, là-dedans s’entremêlent la vie de l’héroïne, Natalia, qui vaccine des enfants dans un orphelinat, celle de son grand-père, médecin, celle de la Femme du Tigre et celle de l’Homme-qui-ne-mourra-pas, celle du boucher musicien bourreau et celle du tigre du zoo, celle des Balkans en temps de guerre et en temps de reconstruction. C’est toujours fin, toujours entraînant, et à travers les folklores et les superstitions de tous on retrace une histoire commune que l’on n’a pas envie de quitter. Ça a bien sûr les défauts des premiers romans, quelques passages un peu longs, d’autres en contrepartie un peu courts, mais dans sa globalité c’est à mon sens un très bon roman, et un auteur dont je surveillerai les prochaines parutions.


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