Ce qui est ennuyeux avec la rentrée littéraire, c’est que dans la profusion de nouveaux romans, il y a du bon et du moins bon. On est surexcité, on lit plein de choses, une suite de bonnes choses et tout d’un coup on tombe sur un roman qu’à un autre moment on aurait probablement qualifié d’inintéressant. Mais là, avec l’émulation, on s’écrie avec dédain « c’est une daube ». C’est problématique, j’ai la sensation de perdre le sens de la mesure. Tout est soit une daube, soit une découverte fantastique, alors qu’en temps normal je suis tout de même plus mesurée. Mais voilà, la rentrée, c’est le moment de l’année que je préfère. Si je m’écoutais, je sautillerais partout de joie et parlerais à chaque personne que je rencontre des bons bouquins que j’ai lus et qui viennent de paraître. Bon, si on veut être franc, je le fais, OK. Mais je pourrais être bien pire (et là mon entourage proche pousse un grand soupir de soulagement).
Donc voilà, Le Premier été. J’exagère, donc, ce n’est pas une daube. Ce n’est pas le type de roman que j’aime, c’est une construction qui m’ennuie, un thème que je trouve rebattu et une narration qui ne me donne pas envie d’aller plus loin, ça, c’est sûr. Je trouve ça manichéen, ce mélange de Guerre des Boutons et de lady Chatterley. J’aime, de temps en temps, une bonne histoire d’amour. Elle peut être niaise. Mais là, ce n’est pas d’amour dont on parle, c’est … je ne sais pas, peut-être n’ai-je jamais été une vraie adolescente (et pourtant, si on demande à ma mère…) mais en tout cas je me suis rarement sentie aussi peu en phase avec des personnages. Deux sœurs qui reviennent dans la maison de leurs grands-parents après leur décès et partagent enfin un secret qui a empoisonné la vie de l’une d’entre elles pendant toute sa vie. Ouah. Le secret est tellement évident, le roman est tellement bancal (il ne se passe pas grand chose, à part ce secret, et il prend genre trois paragraphes et demi) que, franchement, je n’y ai pris aucun plaisir. Et comme le savent ceux qui me lisent depuis quelques billets déjà, si je ne me fais pas plaisir en lisant, ça ne m’intéresse pas. J’ai arrêté la lecture professionnelle depuis trois ans, je la reprendrai peut-être un jour, pour l’instant je savoure de lire ce que je veux.
Alors voilà, c’est sur ce pauvre petit roman, tout gentil, que tombe mon ire, il a le malheur d’être le premier ratage de la rentrée (bon, il y a eu Chiens Féraux aussi mais celui là je pense qu’en d’autres temps, à un autre moment, je le relirai et il me plaira). C’est dur. Heureusement pour lui il est court, sinon j’aurais pu devenir méchante.

Mais TU ES méchante! moi je le lirais bien…
Non non c’est toi qui es trop gentille. J’te l’prête si tu veux. Même si t’es méchante et que tu m’as pas appelée
J’ai lu des commentaires très positifs sur ce livre, mais j’avoue qu’il ne me tentait pas. Le thème « l’été de nos seize ans » est rebattu – et pour moi, l’année de mes 16 ans a été l’une des pires de ma vie (problèmes de santé, mort de mon cousin). J’ai vécu des événements trop marquants pour me contenter de la banalité.
Je ne connais pas du tout ce livre mais ton avis ne m’encourage vraiment pas à me renseigner sur ce livre.
Je viens de terminer la lecture du « premier été » d’Anne Percin et j’avoue que, moi homme de 50 ans, j’ai énormément aimé. Très belle écriture, toute empreinte de nostalgie, jamais mièvre et une description de l’adolescence des années 70 particulièrement pertinente. On y ressent l’ennui l’été à la campagne, la chaleur, une once d’érotisme et cette solitude terrible de l’héroïne face à ses actes. Pour moi, une découverte qui me donne envie d’aller plus loin avec cette auteure. Tous les gouts sont dans la nature…